Archives mensuelles : décembre 2010

*احمد شاملو: اشک رازیست (Ahmad Shamlou)

   

 

اشک رازیست
لبخند رازیست
عشق رازیست

اشک آن شب لبخند عشقم بود
قصه نیستم که بگویی
نغمه نیستم که بخوانی
صدا نیستم که بشنوی
یا چیزی چنان که ببینی
یا چیزی چنان که بدانی
من درد مشترکم
 مرا فریاد کن
درخت با جنگل سخن میگوید
علف باصحرا
ستاره با کهکشان
و من با تو سخن می گویم
نامت را به من بگو
و دستت را به من بده
حرفت را به من بگو
و قلبت را به من بده
من ریشه های تو را دریافته ام
با لبانت برای همه لبها سخن گفته ام
و دستهایت با دستان من آشناست
در خلوت روشن با تو گریسته ام
برای خاطر زندگان
و در گورستان تاریک با تو خوانده ام
زیباترین سرودها را
زیرا که مردگان این سال
عاشق ترین زندگان بوده اند
دستت را به من بده
دستهای تو با من آشناست
ای دیر یافته با تو سخن می گویم
بسان ابر که با طوفان
بسان علف که با صحرا
بسان باران که با دریا
بسان پرنده که با بهار
بسان درخت که با جنگل سخن می گوید
زیرا که من ریشه های تو را دریافته ام
زیرا که صدای من با صدای تو آشناست

La larme est un mystère

Le sourir est un mystère

L’amour est un mystère

La larme de ce soir-là fut le  sourir de mon amour

Je ne suis pas le conte que tu me relates

Je ne suis pas la mélodie que tu me chantes

Je ne suis pas la voix que tu m’entends

Ou bien une chose que tu voies

Ou une chose que tu saches

Je suis la douleur commune

Crie-moi

L’arbre parle à la forêt

L’herbe au désert

L’étoile à la galaxie

Et moi je parle à toi

Dis-moi ton nom

Et donne-moi ta main

Dis-moi ta parole

Et donne-moi ton cœur

J’ai perçu tes racines

Avec tes lèvres, j’ai parlé à tous les lèvres

Et tes mains sont familières avec mes mains

Dans la solitude lumineuse, j’ai pleuré avec toi

Pour l’amour des vivants

Et dans le cimetière obscur, j’ai chanté avec toi

Les plus beaux hymnes

Car les morts de cette année

Ont été les vivants les plus amoureux.

Et donne-moi ta main

Tes mains sont familières avec mes mains

Ô tard-venu ! Je  parle à toi

Comme le nuage à l’orage

Comme l’herbe au désert

Comme la pluie à la mer

Comme l’oiseau au primptemps

Comme l’arbre qui parle à la forêt

Car j’ai perçu tes racines

Car ma voix est familière avec ta voix

 http://www.youtube.com/watch?v=WcWk2jRx66U

 

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احمد شاملو: نمی خواستم

 نمی خواستم نام چنگیز را بدانم
نمی خواستم نام نادر را بدانم
نام شاهان را
محمد خواجه و تیمور لنگ
نام خفت دهندگان را نمی خواستم
و خفت چشندگان را

می خواستم نام تو را بدانم .
و تنها نامی را که می خواستم
ندانستم .

 (احمد شاملو)

Je ne voulais pas apprendre le nom de Gengiz*

Je ne voulais pas apprendre le nom de Nâder**

Les noms des rois,

Mohammad effémine***

et Timour le boiteux ****

Je ne voulais pas savoir le nom des humiliateurs

Et les noms des humiliés

Je voulais apprendre ton nom

Et le seul nom que je voulais, je ne l’appris pas

(Ahmad Shamlou)


* Gengis Khân (1155-1227) fut le premier Khâghân Khân « empereur » de l’Empire mongol.

 ** Nâder Shâh Afshar (1688-1747), fondateur de la dynastie des Afsharides, qui régna de 1736 jusqu’à sa mort.

 *** Aghâ Mohammad Khân (1742-1797) le fondateur de la dynastie Ghajar (en 1794).

 **** Timour le boiteux « Timour Lang » (1336-1405), connu en Occident comme Tamerlan était un guerrier turco-mongol du XIVe siècle, conquérant d’une grande partie de l’Asie Centrale et de l’Ouest. Il fonda la dynastie des Timourides qui survécut jusqu’en 1857.

 

« Ô toi amour » هوشنگ ابتهاج : ای عشق

 

ای عشق

اي عشق همه بهانه از توست 

من خامشم اين ترانه از توست

آن بانگِ بلندِ صبح‌گاهي

وين زمزمه‌ي شبانه از توست

من اندهِ خويش را ندانم

اين گريه‌ي بي بهانه از توست

اي آتشِ جانِ پاک‌بازان

در خرمن من زبانه از توست

افسون شده‌ي تو را زبان نيست

ور هست همه فسانه از توست

کشتيِّ مرا چه بيم دريا؟

توفان ز تو و کرانه از توست

گر باده دهي وگرنه، غم نيست

مست از تو، شراب‌خانه از توست

مي را چه اثر به پيش چشمت؟

کاين مستي شادمانه از توست

من مي‌گذرم خموش و گم‌نام

آوازه‌ي جاودانه از توست

چون سايه مرا ز خاک برگير

کاين‌جا سر و آستانه از توست

(هوشنگ ابتهاج – سایه)

 

Ô l’amour !

 Toute mon excuse vient de toi,

Je ne chante pas, c’est une chanson qui vient de toi

Le rappel matinal, la prière nocturne,

Le rappel, la prière, tout vient de toi

Je ne connais pas mon chagrin à moi

Ce pleur si simple vient de toi

Ô toi, le feu de l’âme des amants

Cette flamme de ma meule vient de toi

Fasciné par toi ne peut rien dire

S-’il y a une fable, elle vient de toi

Ramer dans cette mer ne me fait pas peur

Le rivage, l’orage tout vient de toi

Cheval Raison ne se- révolte pas devant l’amour

Il est soigné, mais la cravache vient de toi

Si tu donnes la carafe, si tu ne la donnes pas

L’ivresse, la taverne, tout vient de toi

Le vin n’a rien pour rivaliser avec ton regard

Car cette ivresse si agréable vient de toi

Je passe anonyme et silencieux

La gloire éternelle vient de toi

Prend-moi comme une petite ombre tombée sur la terre

Le fronton à toi, le seuil à toi, ici, tout vient de toi

 

Houshang Ebtehâj (1928-), surnommé Sâyé « Ombre »

Traduit par Mahshid Moshiri*

 

 

مشیری، مهشید. هزار سال شعر پارسی:  شاعران فارسی زبان. پاریس: انتشارات آرمتان، .  1388

Moshiri, Mahshid. Mille ans de poésie persane : Les poètes persanophones, Paris : L’Harmattan, 2009.