Archives mensuelles : janvier 2009

Âref Ghazvini عارف قزوینی

از خون جوانان وطن لاله دميده

از ماتم سروقدشان سرو خميده

در سايه گل بلبل از اين غصه خزيده

گل نيز چون من در غمشان جامه دريده

خوابند وكيلان و خرابند وزيران

بردند به سرقت همه سيم و زر ايران

ما را نگذارند به يك خانه ويران

يا رب بستان داد فقيران ز اميران

 

Du sang des martyrs de la patrie, l’anémone a fleuri partout

En deuil de leurs corps élancés, le cyprès s’est incliné de chagrin

L’hirondelle s’est accroupie à l’ombre de la fleur

La fleur a succombé, comme moi, au chagrin

Elle a déchiré son habit de deuil

O justice ciel,

Pour ta mauvaise humeur       

Pour ces malheurs!

Justice ciel, pour le triste destin

Que tu as donné à nos hommes

Les députés sont endormis, les ministres sont enivrés

Ils ont volé l’argent et l’or de l’Iran

Ils ne nous laissent même pas une maison ruinée

Que Dieu rende justice aux pauvres de l’oppression des gouverneurs

O justice ciel,

Pour ta mauvaise humeur       

Pour ces malheurs

Justice ciel, pour le triste destin

Que tu as donné à nos hommes

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مرغابی*

امروز، آفتاب برای شمس طلوع کرده است.

تابنده باشند آفتاب وشمس.

کنار استخر نزدیک آلاچیق زیر سایهء درخت بید مجنون یک میز خالی است. همانجا می نشینیم.

آب استخر به سبزی می زند.

برگهای درختان که در چلهء تابستان بی هنگام زرد و خشک شده و فروریخته اند، در زیر آفتاب طلایی بر سطح آب شناورند.

مرغابی سفید روی سکوی سنگی فواره دار وسط استخر لمیده است و با نوکش پر ها را تمیز می کند و خود را می آراید.

آنگاه در آب نگاه می کند و به سفیدی و زیبایی اش می بالد.

می گویم : ببین مرغابیها را بی آنکه خیس شوند در آب شنا می کنند! زیبا نیست؟ »

شمس می گوید: بله مخصوصا برای تو.

غذا را سفارش داده ایم. مرغابیها در آب شلپ و شلوپ می کنند و سر و صدا در می آ ورند. حرفهامان نیمه تمام می ماند. مرغابی طوقی یک مرغابی جوان را کنج استخر گیر آورده است و هی با نوک به گرده او می کوبد. و مرغابی جوان جیغ می زند… بالاخره خودش را از لبهء استخر بالا می کشد و کنار پاشویه می ایستد و نفس نفس می زند. تند تند آب می خورد. دیگران هم مثل ما دعوا را نگاه می کنند. طوقی به طرف مرغابی سفید می رود.

یک مرغابی قهوه ای هم هست که نه طوق دارد و نه زرق و برق. فقط قهوه ای است. وقتی طوقی به مرغابی جوان حمله کرد، قهوه ای پا در میانی کرد. وقتی هم که مرغابی جوان کنار استخر نفس نفس می زد، قهوه ای به کنار او رفت.

گارسون کنار استخر ایستاده است. می خندد و برای مرغابیها خرده نان می ریزد. مرغابیها به طرف نانها شنا می کنند. ولی تا مرغابی جوان می خواهد خودش را برساند، طوقی سد راهش می شود و به طرف بیرون از استخر دنبالش می کند و فرارش می دهد.

– لابد دیوونه س

گارسون می گوید: نه، اخلاقش این جوره. چند روز پیش به جان یکی از مرغابیها افتاد و انقدر کتکش زد که بیچاره مرد.

گارسون شلوار و جلیقهء مشکی پوشیده، جوان و سفید روست.

می گویم: چی با کودن؟ برا؟ کارا باشوان؟ (یعنی چاره چیه داداش؟ چکار باید کرد؟)

می گوید: هیشکی کاری نتانه کودن. او فقط خو را خوایه (یعنی کسی نمی تواند کاری بکند! او فقط خودش را می خواهد) و با خنده ادامه می دهد: سفیدمرغابی خاطرم خوایه (یعنی خاطر سفیدمرغابی را هم می خواهد).

می پرسم : اشنه میان تکه؟ ماده ام اسه؟ (یعنی سفیدمرغابی تنها مرغابی مادهء اینجاست؟)

می گوید: آره نگا بکن! اون شه سفیدمرغابی رم زنه ( یعنی تازه سفیدمرغابی را هم می زند)، هر مرغابی تازه ای که آیه، هنوز به سفیدمرغابی نگا نکوده طوقی انم زنه (یعنی هر مرغابی جدیدی که می آید هنوز به سفید مرغابی نگاه نکرده، طوقی او را می زند) ، اما قهوه ایه اصلن این کارانه کار ناره. کارانه در بند نیه (یعنی قهوه ای اصلا کاری به این کارها ندارد. دنبال این چیزها نیست)

من و شمس به یکدیگر نگاه می کنیم… گارسون می گوید : مدیر بگفته قبل از اینکه اشن دعوا بکنن امن انه سره ویویم (یعنی مدیر رستوران گفته است تا پیش از اینکه او را بکشد سرش را میبریم)

– طوقی دنه سر؟ (یعنی سر طوقی را؟)

– نه بابا طوقیه مدیریته پسره شینه. اون دنه سره ویویم (یعنی طوقی مال پسر مدیر رستوران است. سر آن یکی را می بریم. بعد با خنده می گوید: امشب خواییم اردکه کباب بخوریم (یعنی امشب قرار است اردک را کباب کنیم بخوریم).

سفیدمرغابی نوکش را زیر بال خود برده، پف کرده و خوابیده است.

طوقی مراقب سفیدمرغابی است.

قهوه ای در گوشه ای لمیده است.

مرغابی جوان کنار استخر ایستاده است. می لرزد.

شمس پول غذا را حساب کرده است.

من نانهایی را که خرد کرده ام در مشتم می ریزم.

از جا بلند می شویم. پایین استخر، آنجا که مرغابی جوان گوشه گرفته است می ایستم و جوری که طوقی نبیند نانها را در آب می ریزم. مرغابی جوان کمی تردید می کند و بعد به داخل استخر می پردو با عجله به طرف خرده نانها شنا می کند… آباریکلا… ولی هنوز به نانها نرسیده است که طوقی مثل برق به سراغش می آید. باز هم سر و صدای دعوا و شلپ و شلوپ آب…

حالا مرغابی جوان کنار پاشویهء استخر ایستاده، پرهای پشتش کنده شده و گردنش خونی است. می لرزد. قهوه ای کنار اوست. شمس می گوید: امشب کباب اردک دارند و بازویم را می گیرد و به طرف در می کشاندم.

زرگنده، مرداد ۱۳۸۱

*مهشید مشیری. زمزمهء‌ داوود (مجموعه‌ء داستان‌ کوتاه‌). آگاهان‌ ایده‌، ۱۳۸۳.

CANARD*

 

Là-bas près du bassin à coté de la tonnelle, sous l’ombre de pleureur, il y a une table vide.

L’eau du bassin est verte. Les feuilles  ont jauni prématurément et sont tombées, au milieu de l’été. Elles flottent sous le soleil doré à la surface de l’eau.

Une cane blanche se prélasse sur la pierre au milieu de la fontaine.

Elle nettoie ses plumes avec son bec et s’embellit. Ensuite elle se regarde dans l’eau ; elle est fière de sa blancheur et de sa beauté.

– Regarde ! Les canards se baignent sans être mouillés. C’est superbe, tu ne trouves pas ?, dis- je à Shams.

« Si, surtout pour toi. »,  répond-elle

Nous avons commandé le repas. Les canards font du bruit dans l’eau.

Notre conversation est interrompue, le canard à collier a attrapé un jeune canard dans le coin du bassin, et lui donne sans cesse des coups de bec sur le dos et sur le cou. Le jeune canard cri… Enfin, il se hisse au bord du bassin, il reste près de rigole. Il souffle et il boit de l’eau.

Le canard à collier va vers la cane blanche. Il y a aussi un canard brun sans collier. Il n’est qu’un canard ordinaire. Il essaie de séparer le canard à collier et le plus jeune. Et quand  il va consoler le jeunot, quand il se repose au bord du bassin.

Le garçon de la brasserie rie près du bassin et il jette des miettes de pain aux canards. Les canards s’approchent des miettes de pain, mais dès que le jeune canard veut y aller, le canard à collier l’en empêche et le chasse hors du bassin.

– Il est peut être fou ! 

– Non, il est comme ça. Il a  tellement battu un autre canard que le pauvre en est mort, il y a quelques jours.

Le garçon porte un gilet et un pantalon noir. Il est jeune et blanc.

– Que va-t-on faire alors, que peut-on faire ? 

– Personne ne peut faire grand chose, ce canard est égoïste, il continue en riant : Il est amoureux de la cane blanche.

– Elle est la seule femelle ici ? La cane ?

– Oui. Regardez ! Il bat la cane aussi. Chaque canard qui vient ici, il le bat. Mais le brun ne cherche pas les coups.

On se regarde Shams  et moi.

– Le directeur a dit : On va lui couper la tête avant qu’il ne le tue.

– La tête du canard à collier ?

– Non, c’est le canard de fils du directeur, on coupe la tête du jeune, et puis il rit et  dit : Ce soir on va se régaler, on aura du rôti de canard. 

 □

La cane blanche a caché son bec sous son aile, elle s’est gonflée et elle s’est endormie.

Le canard à collier  la surveille.

Le canard brun se prélasse dans un coin. Le jeune canard est debout au bord du bassin. Il tremble.

Shams a déjà payé l’addition.

Je prends dans ma main des miettes de pain.

On se lève. A l’extrémité du bassin, où le jeune canard s’est installé, je jette doucement les miettes dans l’eau. Le canard hésite d’abord, ensuite il  saute dans le bassin et  s’approche en hâte vers les miettes : Bravo ! Vite, mais le canard à collier est plus rapide. Et encore le bruit des canards dans l’eau…  

Maintenant, le jeune canard est au bord du lac.  Les plumes de  son dos sont toutes arrachées, son cou saigne. Il tremble.

Shams dit « Ce soir, ils auront du rôti de canard», elle prend mon bras et me conduit vers la porte.

 Le canard brun s’en vole vers le soleil.

 

 

*Moshiri, Mahshid. L’anémone a fleurie partout (Roman persan en Français). Aryan Tarjoman, Téhéran, 2007

Liberté – آزادي *

فرخی یزدی:

آن زمان که بنهادم سر به پاي آزادي

دست خود زجان شستم ازبرای آزادي
تا مگر به دست آرم دامن وصالش را

مي روم به پاي سر در قفاي آزادي
در محيط طوفانزا, ماهرانه در جنگست

ناخداي استبداد با خداي آزادي

 

 

Farrokhi Yazdi:

Pendant que je me suis adonné à la liberté

Je me suis préparé à me sacrifier pour la liberté

En espérant d’arriver à la retrouver

Je cours passionnément derrière la liberté

Dans cette mer orageuse, le capitaine de la dictature

Guerroie habilement avec le dieu de la liberté

 

Moshiri, Mahshid. Dictionnaire des poètes renommés persans: A partir de l’apparition du persan dari jusqu’à nos jours. Aryan Tarjoman, Téhéran, 2007

 

 

صافورا*

 

به یاد مهر درخشان پس از سیزده سال

 

 

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مهشید مشیری. آلما (مجموعه‌ داستان‌ کوتاه‌). آگاهان‌ ایده‌، ۱۳۷۸.

 

Safora*

 A la mémoire de Mehr-e Derakhshan, après 13 ans de sa disparation…         

 

 Le tunnel est brumeux, poussiéreux et mystérieux…

Aussi loin que se porte le regard de Safora scintille une lumière éblouissante !…

Serait-ce le soleil ?

Je n’en sais rien, moi.

Des corps, arc-boutés comme plaqués contre le tunnel, regardent  Safora et l’invitent en chuchotant  imperceptiblement : « Viens…Safora…viens… »

Safora les regarde craintivement.

Safora est au seuil du tunnel, et elle va vers la lumière sans avancer…

J’aime Safora. Je la regarde. Son corps faible, maladif et immobile est retombé sur le lit.

Quel regard terne elle aurait, si seulement elle pouvait ouvrir ses yeux !

Son visage pâle et douloureux, est comme une fleur fanée.

Quelle voix mate elle aurait si seulement elle avait la force de parler !

Je mets un baiser sur l’ecchymose de sa main et je dis avec tristesse : « Safora, oh ma chère Safora ! Quelle  grave maladie tu as ! »

Silence…

J’essaie de m’interposer entre Safora et les corps arc-boutés. Je n’y arrive pas !  Et les corps chuchotent avec la même insistance : « Viens… Safora…viens… » 

Je lui murmure : «Safora, nous irons à Baku ensemble … »

« Viens… Safora… viens… », chuchotent-ils. 

Je lui murmure encore : « Crois-moi Safora… »

Silence…

« C’est vrai Safora. Je t’emmènerai à Baku. Je te donne ma parole. Je te le promets»

Silence…

Ils chuchotent : « Viens… Safora… viens… » .

Je me penche vers Safora et je lui murmure à l’oreille : « Tu m’entends, Safora ? »

Safora les regarde stupéfaite.

« Dis un mot, Safora.», j’insiste : « Fais-moi un signe pour que je sache que tu m’entends, pour que je sache que tu sens ma présence, pour que je sache que tu sais que nous existons. Réponds-moi, Safora ! Fais-moi un signe… »

« Viens… Safora… viens… »  Chuchotent-ils encore.

Je souffle : « Un clin d’œil, un battement de paupières Safora… »

Safora serre faiblement ses paupières et une larme coule sur sa tempe !… Elle a donc rompu le silence !…

Je n’arrive pas à y croire !…

Elle m’a répondu ?…

J’essuie sa larme avec le bout de mon doigt, et je me penche sur son visage et lui souris. Je répète victorieusement : «Safora, Safora, Safora,… »

Safora regarde encore craintivement les corps… Et elle répond encore à ma tendresse avec ses paupières serrées…

Est-ce que vraiment  un sourire, sur ses lèvres pâles ?… C’est à moi qu’elle sourit ?

« Alors tu m’entends ! », dis-je avec une joie enfantine.

Les corps chuchotent encore : « Viens… Safora… viens… » 

« Je t’aime Safora… », lui dis-je.

Safora aime ses corps aussi.

Mais ils sont morts ces corps là ! Ce sont des morts, même s’ils sont encore vivants dans l’esprit de Safora.

J’essaye encore de m’interposer entre Safora et les corps : « Encore un clin d’œil, Safora », lui dis-je simplement.

Les corps répètent : « Viens… Safora… viens… » 

Ces corps sont les morts de la vie de Safora…

Le soleil d’hiver se reflète derrière la fenêtre.

Safora se demande avec étonnement : « Est-ce que c’est le soleil ? »  

Je n’en sais rien.

Je mets ma main sur la tête ronde et chauve de Safora. Ah ! Quelle maladie tu as eue Safora !

« Ta tête est belle. J’ai envie de l’embrasser Safora ! »

Une larme glisse encore sur la joue pâle de Safora.

Sa larme est salée. Moi aussi je pleure. Mes larmes aussi sont salées.

Safora regarde les corps un à un avec hésitation.

« Viens… Safora… viens…»

« Pourquoi dois-je me joindre à ces corps ? », se demande Safora. J’enlève ma main de sa tête.

Safora connaît tous ces corps.

Je m’éloigne doucement, et de l’autre coté de son lit, je ferme les stores vénitiens à demi-ouverts.

« Viens… Safora… viens… »

Je reviens près de Safora : « C’est mieux, n’est-ce pas Safora ?… Le soleil te gênait… »

Silence…

« Je ne veux pas y aller ! », se dit Safora.

Je lui demande : « Encore un regard pour moi, Safora ? »

Et comme elle les aime, ces hommes et ces femmes, ces morts !

J’attends dans le couloir pour voir si la blouse verte du chirurgien apparaît…

Je regarde fixement sa bouche  qui est large et ouverte…

Il n’a rien à dire. Il ne peut rien faire lui non plus.

Sur le moniteur au pied du lit de Safora, une courbe encore mobile…

Et comme l’invitation des corps est dure !

Je regarde la courbe.

Que signifie cette courbe ? La pulsation de Safora ? Son cœur ? Son cerveau ? Sa respiration ?…

 « Viens… Safora… viens…»

Que dit ce graphique ?

Safora regarde les corps avec incertitude.

« Non ! Je ne viens pas. Je ne vous accompagne pas. Je reste ici… »

Derrière moi, je sens un regard très lourd. Je tourne la tête. Le jeune médecin un peu plus loin me regarde du coin de l’œil. Je perds mon assurance. Est-ce qu’il se moque de moi ?

Les corps savent très bien ce qu’ils  veulent de Safora.

Je ne sais pas comment libérer ma Safora du cancer !

Est-ce que je lève les bras pour prier ?

« Viens… Safora… viens…», les corps arc-boutés chuchotent encore.

Il faut que je parle avec le jeune médecin.

Safora aime les corps, mais elle est contrariée par leur insistance.

« Et moi ? Est-ce que je te contrarie Safora ? »

« Va-t-elle mourir ? », je pose la question au jeune médecin.

Il est triste. Il est affligé. Pourquoi est-il tellement chagriné ? Pour moi ? Pour Safora ? Pour nous deux ? 

– Pourquoi êtes-vous si chagriné, Docteur?, je lui demande.

Le jeune médecin est chagriné.

– Docteur ! Mon amie n’arrive plus à percevoir son entourage ?

Il hoche lentement la tête. C’est-à-dire qu’il n’en sait rien.

– Je sais bien qu’elle perçoit, mais elle est endormie. Elle est fatiguée. Elle n’a pas la force de répondre, je lui dis.

« Je ne dois pas aller avec ces corps », se dit Safora.

– C’est Dieu qui sait ! , dit le jeune médecin d’une voix étouffée.

– Elle parle ! Croyez-moi, Docteur ! Elle n’a pas perdu connaissance. Vous ne me croyez pas ?».

– Peut-être !

Safora fond comme une bougie, et je tourne autour d’elle comme un papillon.

Elle n’a plus de force. Je tâte son pouls pour lui communiquer la mienne : «  Safora, toute mon existence est à toi »

Les corps répètent inlassablement : « Viens… Safora… viens…»

Safora se tord de douleur.

« Oh mon Dieu ! Pourquoi  lui as-tu envoyé tant de souffrance ?… Toi, Tu es miséricordieux, veux-Tu d’elle ?… Débarrasse-la du mal !… »

« Viens… Safora… viens…», Murmurent toujours les corps.

Je laisse son pouls entre les mains d’un homme puissant, et Safora gémit de toute son âme : « Hi…yu…, Hi…yu…»

Le jeune médecin me propose de rester près d’elle.

« Viens… Safora… viens…», les corps invitent Safora à les accompagner.

 

 « Sept milles années jusqu’ à la lumière… », songe Safora.

 « Qu’est-ce qu’on te fait ici, Safora, chaque fois que je te vois tu as de nouvelles marques sur ton cou, sur ta poitrine, sur ton ventre déchiré… Oh ! Sur ton pied bleu ?… »

L’homme puissant lâche, désespéré, le pouls de Safora.

 « Viens… Safora… viens…»

L’autre fois, quand le premier coup de scalpel l’ouvrit, on ne prévoyait pas que cette maladie serait incurable !… Peut-être était-ce moi qui n’arrivais pas à le croire.

Safora gémit de douleur : « J’ai chaud ! »

Et moi, avec du coton imprégné d’eau, j’ai mouillé son pied fiévreux, tout son corps fébrile et j’ai soufflé jusqu’à ce qui elle dise : « j’ai froid »

Et à l’aurore, j’ai posé ma tête sur son lit et j’ai fermé les yeux, et elle a eu pitié de moi, et touchée par ma présence, croyant que je dormais, elle a caressé mon visage avec ses mains fatiguées.

 

Safora ferme les yeux. Elle ne sait pas si je ris où si je pleure, alors je verse des larmes.

 « Viens… Safora… viens…»

La lourdeur disparaît du regard du jeune médecin.

Je tourne la tête, il est en train de s’en aller.

Elle arrive de loin. Je la connais. C’est l’infirmière du service. Elle me connaît aussi. On se voit tous les jours ici, et je lui souris tous les jours.

Et quand elle commence à parler, je sais que c’est le moment de m’en aller.  Je prends mon manteau et ma serviette au pied du lit de Safora…

J’hésite quelques instants en regardant Safora.

Je regarde encore le moniteur en m’interrogeant : « Quelle est sa signification ? »

Je caresse le pied de Safora.

Je sors et je vois toujours : « REANIMATION »

« Comme les pieds de Safora sont gonflés et impuissants ! »

Safora est au seuil du tunnel.

Des corps  arc-boutés, comme plaqués contre le tunnel, regardent Safora.

Safora les regarde.

Et le tunnel est brumeux, poussiéreux et mystérieux…

Aussi loin que se porte le regard de Safora, scintille une lumière éblouissante !… Serait-ce soleil ?

Et Safora avance vers la lumière.

« Sept milles années jusqu’au soleil… »

 

                                                                                                               

* Mashid Moshiri. Safura (série de nouvelles françaises). Téhéran, Agahan-e Ideh, Téhéran, 2000. 
 
 
 

 

من دارمتان مشد

مهشید مشیری

Mahshid Moshiri

 مهشید مشیری

توضیح :

میخواهم در این وبلاگ، بخشی را به  اصطلاحات جوانان و نو جوانان اختصاص دهم و این اصطلاحات را، که در نظرم به نوبه خود مهمّند، تعریف کنم. به هر حال، شاید اینهم روشی باشد برای ضبط و ربط این اصطلاحات در جایی.

مهشید مشیری

فرهنگ اصطلاحات عامیانه جوانان.

آگاهان ایده، ۱۳۸٠.

پیشگفتار فرهنگ عامیانه جوانان

من دارمتان مشد

زبان، سرزمینی است.

گونه ی معیار، پایتخت آن، و گونه های دیگر، شهر هایش هستند.

همهی شهرهای این سرزمین به نوبه ی خود مهمّند و پاسداری از کشور زبان به پاسداری از گونه معیار محدود نمیشود و اعتباربخشی به گونه های دیگر زبان، از جمله گونهی عامیانه، منافاتی با اندیشهی اصلاحات زبانی ندارد.

پاسداری از زبان، پاسداری از تمامیت زبان است و نه بخشی از آن. همانطور که ساکنان سرزمین ها هم نباید فقط به فکر آبادی و پاسداری پایتخت باشند.

اگر این قیاس را بپذیریم ، زبان عامیانهی شما جوانان ،به نظر من شهر لوطی های سرزمین فارسی است. شهری که همه محله هایش، به خدا تحویل بازاراست.

اصطلاحات و واژه هایی که به کار میبرید شهروندهای این شهرند. و این شهروندها ، در کنار شهروندهای گونه های دیگر زبان فارسی، پیکرهی واژگان فارسی را میسازند. پیکره ای که افرادش به منزلهی آحاد سرزمین فارسی هستند، حقوق یکسانی دارند، باید به طور مساوی از امتیازات و امکانات زبان استفاده کنند، و کسی هم نباید به اسم پاسداری از زبان معیار، امنیت احدی از این آحاد را سلب کند.

و اما، از شهر لوطی ها بگوییم، که من بارها به آنجا سفر کرده ام و با هر قماشی از آن شهر آشنا شده ام:

مرد و نامرد، با کلاس و بی کلاس، کس و ناکس، اسکن اورت و قره مایه، صاف و صادق و رکبی زن، دو دره باز و بنداز در رو، قرصی و خلاف سنگین، آس و پاس و هپلی و گدا گدوخ، …

من در شهر لوطیها ردّ داش آکل ها و قیصرها و فرمون ها، و ردّ پهلوان های با مروتی که مولاشان شاه مردان علی بود و مرشدشان پوریای ولی،

ردّ ورزشکارهایی که اصل مرامند،

ردّ راننده های زحمتکشی که پشت اتوبوس و کامیون و تریلی، تک و تنها، دل شب را می شکافند و به مقصد رسیدن را به ما می آموزند،

ردّ مکانیکهای لوطی مسلک و برقکارهای با معرفت،

ردّ حبسی کشیده هایی که زبانشان حکایت محرومیت و عذاب زندانیان است،

ردّ حال و حول جوانان جان بر کف جبهه، که جانانه از تمامیت این سرزمین دفاع کردند، آن جوانان کاردرست که میهن پرستی را معنی کردند،

ردّ شوق و شیطنت شاگرد مدرسه ها و ذوق و ذکاوت دانشجویان را.

و هر شهری برای خود فرهنگی دارد.

کتابی که پیش روی شماست فرهنگ شهر لوطیهای زبان فارسی، و در واقع گزارشی است از این شهر.

با پوزش پیشاپیش از کسانی که ممکن است تحت تاثیر شعار « پارسی را پاس بداریم» با خواندن گزارش کشمشی بشوند، کتاب را به شما جوانان هدیه میکنم.

به شما که آینهء جوانی ما هستید و زبان فارسی ، این بهترین و مهمترین نماد فرهنگی ایرانی به شما سپرده میشود.

به شما که چشم و چراغ این مملکتید.

به شما که تاج سرید.

به شما که بهترین دوستان منید.

و من دارمتان مشد.

واژگان جدید در زبان جوان ها : گفت و گو با مهشيد مشيرى

نشان زندگی

پژمان بختیاری:

گر نشان زندگی ، جنبندگی است

خار در صحرا سراسر زندگی است

هم جُعَل زنده است هم پروانه ليک

فرقـها از زندگی تا زندگی اسـت

Pejmân Bakhtiyâri:

Si l’animation est la raison d’être du vivant

L’épine dans le désert se prend aussi pour un être vivant

Le papillon et le bousier sont tous les deux vivants

Il y a beaucoup de différences entre les êtres vivants

Référence:

Mahshid Moshiri. Dictionnaire des poètes renommés persans: A partir de l’apparition du persan dari jusqu’à nos jours ». Téhéran, Aryan-Tarjoman, 2007